Le Liban demande l’aide des pays arabes…

Chronique (Mardi 25 Juillet 2006)
Ligue arabe : il y a une vie après la mort
Par : Mustapha Hammouche
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Le Yémen a annoncé qu’il retire sa demande d’un sommet arabe extraordinaire sur la situation au Liban et dans la bande de Gaza. Le ministre yéménite précise que son gouvernement renonce à son initiative pour “éviter qu’un désaccord n’apparaisse entre les pays arabes”. Douze jours après le déclenchement de l’offensive israélienne, les “pour” avaient fini, vaille que vaille, par réunir une majorité de treize États membres de la Ligue arabe autour du projet de réunion (il faut réunir une majorité des deux tiers sur les vingt-deux membres pour imposer un sommet).
Renoncer à s’entendre pour s’éviter la mésentente. Adroite démarche, n’est-ce pas ? On a évolué depuis la désuète procédure qui consistait pour les Arabes à “s’entendre pour ne pas s’entendre” ! Du coup, les pays, qui ont favorablement répondu à la demande du Yémen, se voient retourner leurs approbations devenues, par le reniement de l’initiateur, inutiles. Le ministre s’excuse d’ailleurs auprès de ces nations sollicitées puis repoussées.
Le Yémen veut sauver la Ligue arabe en la rendant sans objet. Mais à y regarder de près, n’est-ce pas là le secret de sa survie ? En dehors de réitérer la condamnation des agressions et pressions, dont l’un des membres pourrait être, à l’occasion, victime, il n’y a pas beaucoup d’initiatives collectives à inscrire à l’actif de l’association. Son “unité” n’a jamais constitué un handicap pour les assaillants de tous bords, ni même un avantage pour le règlement des crises internes à la “nation” arabe. La diversité de régimes et d’intérêts, elle-même due à des disparités stratégiques réelles et à l’absence de perspectives panarabes, fait que les États arabes ne se présentent jamais en rangs serrés face à l’adversité qui les prend toujours par pans isolés. À l’épreuve des faits, les conciliabules arabes se prolongent en marge des évènements, et sans effet sur eux, juste pour justifier l’existence de la coalition de pouvoirs.
Au plan interne, le Sahara occidental, le Darfour et la Somalie sont, aujourd’hui, autant de preuves de cette stérilité politique.
Si le Liban en est là, c’est parce que la communauté arabe a admis qu’un de ses membres soit dépossédé de son autorité nationale pour ne pas avoir à contrarier un autre État arabe, plus fort que le Liban spolié de sa souveraineté. Le résultat en est qu’il est devenu un terrain vacant où s’expriment, par procuration, des desseins extra-libanais, voire extra-arabes.
Au moment de se rétracter, le Yémen s’est défendu de toute pression des Américains sur sa prise de décision.
C’est tout de même significatif : n’ayant jamais pris le risque de formuler une position, en supposant qu’une position collective est possible, sur les rapports entre les États-Unis et la crise du Moyen-Orient, la ligue est réduite à s’effacer purement et simplement au moment de l’examen d’une crise aux retombées certaines sur la question palestinienne et le futur du monde arabe.
Faute de faire cause, la Palestine a toujours fait prétexte ; elle ne remplit même plus ce rôle. Pour les besoins d’une solution à l’américaine, la ligue est enterrée. Elle ressuscitera, cependant, et se réunira quand il n’y aura plus de raisons de s’entendre, et donc plus de risque de ne pas s’entendre.
M. H.
musthammouche@gmail.com





















